La racine du verbe arabe est très souvent trilitère (composée de trois consonnes). L'arabe compte aussi un petit nombre de racines de deux consonnes ou de quatre consonnes.
Exemple der acines : QTL : notion de tuer, KTB : notion d'écrire, TRJM : notion de traduire. Toute racine exprime une idée, une notion définie. Celles-ci expriment respectivement l'idée de tuer, d'écrire et de traduire.
Pour rendre l'infinitif français, on fait appel au verbe conjugué à la 3e personne du masculin singulier du verbe à l'accompli (passé). C'est en effet la forme la plus courte car dénuée de tout élément dérivationnel, comme l'infinitif français d'ailleurs.
Il est intéressant de signaler que dans les dictionnaires arabes de langue, les mots sont classés non pas par ordre alphabétique comme en français, mais par racine. L'usager doit, avant de commencer sa recherche, connaître la racine du mot : bilitère, trilitère, etc. C'est ainsi qu'il retrouvera, par exemple, sous la racine qatala, tuer, il a tué : qâtil, assassin, mouqâtil, combattant, qitâl, combat, qâtala, combattre, maqtal, assassinat, qattala, massacrer, etc.
Notez aussi qu'il n'existe que deux aspects, en arabe en général et en arabe marocain en particulier : l'un sert à exprimer tout fait écoulé, il s'appelle l'accompli ( le passé ), l'autre sert à exprimer tout fait qui n'est pas écoulé ( présent ou futur ), c'est l'inaccompli.
Attention : dire que l'arabe ne dispose que de deux aspects ne veut nullement dire qu'il n'est pas à même de saisir toutes les subtilité temporelles des autres langues qui en connaissent un bon nombre, comme le français par exemple. Les langues indo-européennes ont en effet un découpage du temps fondamentalement différent des langues sémitiques.
Pour conjuguer un verbe à l'accompli, on lui rajoute une terminaison qui varie selon la personne, le genre et le nombre. La forme du verbe peut parfois subir des modifications en raison de ces terminaisons.
Voici le schéma :
Pour distinguer les deux premières personnes du singulier, on tiendra compte du contexte.
Conjuguons le verbe kteb, écrire, soit "il a écrit" :
weld-i mrîd ( fils-mon malade )
Mon fils (est) malade
kâne weld-i mrîd ( il-était fils-mon malade )
Mon fils était malade
es-sel'a ghâlya ( la-marchandise chère )
La marchandise (est) chère
es-sel'a kânt ghâlya ( la-marchandise elle-était chère )
La marchandise était chère
Cet auxilliaire kâne se conjugue évidemment à tous les temps. C'est ainsi que lorsqu'il est au passé (accompli) et suivi d'un verbe lui-même à l'accompli, il exprime le plus-que-parfait :
ketbât el-briyya ( elle-a-écrit la-lettre )
Elle a écrit la lettre
kânt ketbât el-briyya ( elle-était elle-a-écrit la-lettre )
Elle avait écrit la lettre
'end-i melyoûne ( chez-moi million )
J'ai un million
kâne 'end-i mellyoûne ( il-était chez-moi million )
J'avais un million
kâne 'end-i wâhed el-mouchkil ( il-était chez-moi un le-problème )
J'avais un problème
kâne 'end-ha bicheklît w daba ma 'end-ha-ch ( il-était chez-elle vélo et maintenant ne chez-elle pas )
Elle avait une bicyclette et maintenant elle ne l'a plus